Les relations entre la Tunisie et la Suisse n’ont pas toujours été empreintes de douceur. À témoin – beaucoup s’en souviennent – le discours du conseiller fédéral Samuel Schmid, lors du Sommet mondial de la société de l’information, en 2005 à Tunis. Le ministre avait saisi l’occasion pour critiquer publiquement, et sur ses terres, le régime liberticide de Zine el-Abidine Ben Ali, signe d’une radicale divergence de visions en termes de droits de l’homme. L’attaque n’avait pas plu – doux euphémisme – au raïs.

Sous sa présidence, soit jusqu’au 14 janvier 2011, aucune entité ne se développe pour promouvoir les échanges économiques entre les deux pays. C’est dans la foulée de la Révolution que le contexte se métamorphose. Monsieur Pierre Combernous, alors ambassadeur de Suisse en Tunisie, est l’initiateur d’une démarche visant à mettre en contact les sociétés suisses qui nourrissent les relations économiques entre les deux pays. Le but? Les sensibiliser à l’importance de fonder une Chambre de Commerce.

Une première réunion de travail permet de détecter quelques personnes dont la motivation est porteuse d’espoirs. La sélection est réalisée. Invités à la résidence de l’ambassadeur, à Carthage, les premiers adhérents signent les statuts de la nouvelle Chambre de Commerce et d’Industrie tuniso-suisse. Neuf personnes intègrent le comité. Le nombre paraît élevé, mais le choix est volontaire. Comme la majorité de ces « miliciens » travaille entre la Tunisie et l’étranger, chaque poste-clé est dédoublé. En cas d’absence, la Chambre peut ainsi fonctionner normalement. À sa naissance, elle compte une douzaine de membres. Elle grandit sans tarder. Bientôt, ils sont quinze, vingt, cinquante… Parmi eux, plusieurs fleurons de l’industrie suisse (dont Bobst, Novartis, Roche, Sika, Nestlé, SGS, …).

Malgré les difficultés économiques qui ont frappé la Tunisie depuis la Révolution (et qui ont davantage encouragé les entreprises à quitter le territoire plutôt qu’à s’y installer), le développement de la Chambre s’est poursuivi. Sa philosophie? Eviter à tout prix de devenir une association «de masse». Elle se veut sélective, et recrute des membres sérieux, avec soin.