Dans le cadre des activités du Conseil des chambres Mixte, un petit déjeuner débat autour du thème « Financement de l’Innovation » a été organisé en collaboration avec l’Association Professionnelle Tunisienne des Banques et des Etablissements financiers « APTBEF » et en présence des représentants des banques et établissements financiers, de l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation « APII », de la société civile…etc.

Le débat a été enrichi par le témoignage de deux inventeurs innovateurs membres de l’Association Tunisienne des Inventeurs « ATI ».

Pour M. Salem Ben Salem, modérateur du débat, l’innovation dans ses états se révèle indispensable pour placer l’économie tunisienne dans une nouvelle dynamique. D’où il importe, à ses dires, de mettre à sa disposition un financement dit de rupture, approprié à l’environnement national et international de l’entreprise innovante.

D’emblée, M. Foued Lakhoua, président du Conseil des chambres mixtes, une instance créée il y a un an autour d’un partenariat multilatéral de 16 pays européens, a fait le tour de la question. « La promotion de l’innovation n’est pas tributaire seulement du financement, mais aussi des facteurs d’ordre culturel », dit-il. Au sein de l’entreprise, elle trouve difficilement le bon chemin.

Selon lui, l’année 2018 s’annonce de bon augure. Elle vient apporter deux bonnes nouvelles :

  • L’une consiste en l’adoption de la loi « Startup Act », une loi jugée libératrice du potentiel entrepreneurial et incitative à l’innovation.
  • L’autre en la création de l’école 42 et de la station « T », deux projets numériques lancés suite à la visite, fin janvier dernier, en Tunisie du président français Macron. Une telle école offre, fait-il savoir, une formation en informatique entièrement gratuite et ouverte à tous. Quant à la station « T », « elle est un incubateur qui héberge les jeunes innovateurs dont l’ambition est de leur rendre l’entrepreneuriat plus accessible et de mettre tout un écosystème sur place, pour qu’une start-up ne passe pas longtemps à aller chercher des ressources à droite et à gauche », précise-t-il.

De la sorte, il faut mettre l’accent sur l’industrie digitalisée, 4e génération. M. Ahmed Karam, banquier et président de l’Association professionnelle tunisienne des banques et des établissements financiers (APTBEF) l’a bien souligné : « L’innovation a été, de tout temps, un facteur fondamental de croissance et de richesse ». Les économistes le disent : « Le facteur production sans l’ingrédient technologique ne va pas plus loin ».

Mais, lance-t-il, cette innovation de l’entreprise ne suffit pas, elle a besoin d’être financée et bien encadrée. « Renforcer l’encadrement, c’est, bien, la voie royale de l’innovation », affirme-t-il.

Pourquoi les banques ne peuvent-elles pas consacrer des capitaux importants à l’innovation ? s’interroge-t-il. La réponse est simple : parce qu’elles sont toutes régies par un régime financier traditionnel et des règles de comptabilisation dépassées. De coutume, elles ne financent que le matériel, l’immatériel n’étant guère dans leur culture. « Il est, donc, grand temps qu’elles revoient leurs normes comptables et inscrivent parmi les activités des entreprises l’évaluation des capacités humaines », recommande-t-il.

Cet état des lieux est tel que le financement des startups reste, malheureusement, le parent pauvre. Le maillon manquant de la chaîne d’innovation. En témoignent deux innovateurs tunisiens, l’un en médecine, avec l’invention d’un système de dialyse beaucoup plus développé, l’autre en matière d’écoconstruction. Architecte de profession, M. Moncef Souissi est propriétaire d’un projet novateur consistant en un nouveau procédé constructif, soit des logements écologiques censés être économes en temps et en argent, basés sur des techniques d’isolement thermique. Son invention est déjà brevetée à Paris. Il a été, maintes fois, primé dans des concours et manifestations internationaux. Son projet est déjà bloqué pour manque de financement. Certains disent que l’innovation ne se porte pas bien en Tunisie.

Réf: APTBEF

Voici quelques photos prises de l’événement: